Un si beau bébé


Timéo est né le 30 Novembre 2004 pour la plus grande joie de toute sa famille !! Deux ans et demi de pure bonheur envolé à cause d'une seule personne, qui plus est était devenue inapte à conduire du fait de ses quatre-vingts ans sans jamais n'avoir passé ni permis ni code de la route !!
Un si beau bébé

# Posté le lundi 30 juin 2008 08:32

lettre au président : tous les 3 de chaque mois


Tous les trois du mois, il faut envoyer cette lettre au président. Vous pouvez la modifier pour y mettre vos réactions bien sûr.

Voici la lettre type :




votre nom
votre adresse


Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris



Le 13 Mai 2008,


Monsieur le président,

Je sollicite votre attention sur une histoire qui vous a déjà interpellé, révolté, ému même. Si j'écris Timéo, vous comprenez que je parle de ce petit enfant tué par une personne âgée au volant de sa voiture suite à une erreur de conduite. La voiture avait tous les droits de se trouver sur la route puisqu'elle avait passé tous les contrôles techniques. Par contre le conducteur n'aurait jamais du se trouver avec cette arme entre les mains mais malheureusement les capacités et les aptitudes des conducteurs, dans notre pays, ne sont jamais mises à l'épreuve. De plus cette personne a pu, jusqu'à l'énoncé du verdict le reconnaissant coupable d'homicide involontaire, conduire librement.

Nous sommes nombreux à avoir été touché au plus profond de nous même par ce petit bambin
de 2 ans et demi, fauché dans l'innocence de l'enfance, par cette famille, à jamais, meurtrie dans sa chair et révolté en sachant qu'un tel drame aurait pu être évité. Dans le but de faire progresser la société, Nous souhaitons la mise en place de lois visant à :

1. L'instauration de contrôles d'aptitudes à la conduite tous les 10 ans, puis tous les 3 ans à partir de 60 ans.
2. Au retrait immédiat du permis en cas d'homicide sans attendre le verdict d'un procès.

La mobilisation derrière les parents de Timéo ne cesse de croître et de s'affirmer car il en va de la sécurité de nos enfants. Les pétitions qui circulent récoltent un nombre conséquent de signatures et la journée hommage qui s'est déroulée le 3 avril 2008 a définitivement fait de Timéo le symbole d'une cause noble et juste. Il est de notre devoir et de votre ressort de montrer à ses parents que son destin si court sur terre était voué à marquer l'histoire.

Je vous adresse cette lettre car vous êtes un homme de pouvoir mais également parce que vous êtes un homme de c½ur, un homme soucieux de la sécurité de ses concitoyens et de la préservation de la vie.

Recevez, Monsieur, mes salutations les plus distinguées,


# Posté le lundi 30 juin 2008 08:44

Un combat pour la vie !!

Un combat pour la vie !!

# Posté le lundi 30 juin 2008 08:52

3 Avril 2008 :



Ce 3 Avril 2008, cela faisais un an que tu t'es envolé petit ange. Beaucoup de personnes sont venues de partout te faire un très hommage.

Voici l'extrait de presse qui relate cet événement :

vendredi 4 avril 2008

Hier après-midi dans les rues d'Autun
350 personnes réunies pour Timéo


Un an après le tragique accident du jeune Timéo, un jeudi 3 avril, alors âgé seulement de 2 ans, la famille du bambin disparu, organisait hier après-midi dans les rues d'Autun, une marche silencieuse. Réunies en cette terrible date anniversaire, plus de 350 personnes venues des 4 coins de France, se sont associées à la famille, rangées sous la même bannière : «pour Timéo, pour les enfants, les mesures en matière de sécurité routière doivent subir un profond bouleversement...» Après un repas du souvenir sous la mairie d'Autun, un lâcher de pigeons puis une envolée de ballons ont symboliquement ouvert la marche. Un impressionnant cortège s'est alors constitué. En une longue et grave procession, la foule emmenée par la mère du défunt bambin, Laëtitia Jacquemin, a ensuite traversé le centre-ville pour emprunter les rues piétonnes. Après la rue aux Cordiers, tel un véritable chemin de croix, le cortège a rejoint les hauts quartiers d'Autun pour faire une halte devant le lieu du drame. À cet instant, effondrée, en larmes, la mère de l'enfant n'a pu s'empêcher de remettre machinalement de l'ordre dans les fleurs déposées au pied du mur. Puis, l'émotion parmi la foule était à son comble devant l'intensité du recueillement de la mère de Timéo et de quelques proches... Comme convenu, reprenant courage, Laëtitia Jacquemin a poursuivi son douloureux périple jusqu'au cimetière. Une fois de plus, dans la dignité, la douleur de la famille a saisi une foule bouleversée devant la tombe de Timéo, recouverte de peluches. Après le dépôt des roses blanches distribuées à la foule, le cortège s'est très pudiquement dissout... Peu avant, la marche, Jean-Baptiste Jacquemin, le père de Timéo, déclarait encore : « Nous ne pourrons définitivement tourner la page que lorsque le gouvernement aura pris des décisions qui aillent dans le bon sens ».
T.D.


Petite vidéo de cette journée intense en émotions ( faites par Adeline, clickez):

# Posté le lundi 30 juin 2008 09:51

Modifié le mardi 01 juillet 2008 03:16

Tragédie de Laëtitia parue dans le livre " Maxi "

Tragédie de Laëtitia parue dans le livre " Maxi "


titre: en mémoire de son enfant

"ce chauffard ne pouvait s'en tirer comme ca!"
En voyant le conducteur responsable de la mort de son petit garçon continuait de conduire, Laetitia a décidé d'agir...


Le plus dur c'est le silence qui me surprend chaque matin au réveil. Un instant,je me dis que je vais entendre la voix de Timéo m'appeler "maman, maman!", qu'il va se jeter sur mon lit et se blottir contre moi. Mais rien. Désormais, il n'y a que le silence, omniprésent, insupportable. Oui, il y a encore un an,ma vie était pleine de voix d'enfants. Il y avait Timéo, et aussi ces petits dont je m'occupais comme assistante maternelle.

Et puis un jour, tout a basculé...C'étais le 3 avril de l'année dernière. Je revenais du relais d'éveil avec Timéo, mon fils, Maël et Simon, deux enfants que je gardais. Nous marchions tous les quatre sur le trottoir quand,brusquement,une voiture a reculé sur nous à toute allure. Ca s'est passé tellement vite!Je me souviens que j'ai senti la main de mon fils s'arracher à la mienne...Le bolide l'avais percuté.

Quand les pompiers sont arrivés, ils ont emportés Timéo dans une ambulance. Je gardais espoir car, avant de le quitter, j'avais posé ma main sur son ventre et il bougeait. Mais vingt-cinq minutes plus tard, c'est le maire de notre village en personne qui est venu m'annoncer: "C'est fini!" J'ai hurlé:"Ce n'est pas possible, rendez-moi mon fils,je veux mon fils!" Je ne l'ai vu que deux heures plus tard, à l'hôpital. Il avait l'air si beau, si paisible,mon doudou. C'était comme s'il dormait. J'étais sûre qu'il allait se réveiller. Alors,j'ai posé ma main sur son ventre. Mais, cette fois,c'était fini. Timéo ne respirait plus.

Cette douleur qui vous crève le coeur à vous en couper le souffle, je ne la souhaite à personne. J'ai cru que j'allais perdre la tête, que je ne pourrais plus vivre. Et je n'arrêtais pas de m'en vouloir. Je n'avais pas été capable de le protéger!

Le lendemain, je suis retourné sur les lieux de l'accident pour y déposer des fleurs. Et ce que j'ai vu, je n'en reviens toujours pas. Une voiture était en train de se garer, la même qui avait tué mon fils. Et au volant, le même homme âgé, le même chauffard! En fait, il avait été entendu par la police et aussitôt relâché. Mon avocat m'a expliqué qu'il n'y avait rien d'exceptionnel à cela. Le chauffeur avait fait une fausse man½uvre, c'était un accident. Seulement, moi, je ne comprenais pas pourquoi les gendarmes n'avaient même pas retirer son permis à cet homme de 76 ans qui n'avait visiblement pas tous ses réflexes! Oui,j'avais la rage.A lors que la vie de mon fils s'était arrêtée, et la mienne avec, pour cet homme-là, c'était comme si rien ne s'était passé!

Les semaines suivantes, Jean-Baptiste, mon mari a tout fait pour me soutenir. Mais notre deuil, nous l'avons vécu de manière différente. Il voulait tourner la page, ne plus penser à ce qui était arrivé. Il ne supportait pas de voir des photos de notre fils. Moi, au contraire, j'avais besoin d'en parler. C'est pour cette raison que j'ai commencé a écrire un blog sur Internet. J'y ai téléchargé des photos, des vidéos. Je parlais de Timéo, de mes peines, de ma colère contre ce chauffard, j'y expliquais la fausse man½uvre stupide de ce conducteur. Depuis cinquante ans,il avait l'habitude de "dégazer" sa voiture, comme il l'a précisé dans sa déposition. "Dégazer", c'est appuyer sur l'accélérateur à l'arrêt pour décrasser le moteur. Ce jour-là, par erreur, il a passé la marche arrière.

Régulièrement, j'allais déposer des fleurs à l'endroit où Timéo avait perdu la vie. Un jour,je me suis de nouveau retrouvée nez à nez avec ce chauffard qui habitait juste en face. Et ce jour là, il dégazait encore, en plein milieu de cette zone pleine d'enfants. J 'ai craqué et filé droit chez les gendarmes. Là, on m'a expliqué qu'en cas d'homicide involontaire, s'il n'y avais pas de fautes aggravantes, comme la prise d'alcool ou de stupéfiants, la loi ne prévoyait pas de retirer le permis de conduire . Révoltée, j'ai voulu dénoncer cela. J'ai écrit un peu partout: à la préfecture, aux ministères, même au Président de la République.

Jean-Baptiste,lui, n'approuvait pas mes démarches. Il avait peur que je souffre plus encore. Mais moi,je ne pouvais pas faire autrement, les images de l'accident je les revivais jour et nuit. A chaque bruit de sirène, je sursautais. Je me posait mille questions. En France, on passe son permis une fois pour toutes. Pourquoi n'impose-t-on pas de visite médicale aux conducteurs, au moins à partir d'un certain âge? Pourquoi n'y a-t-il plus aucun contrôle par la suite?

A côté de ça, je me disais: je ne suis plus capable de veiller sur des enfants. Du coup, j'ai arrêté d'exercer mon métier pour me consacrer à mon blog et à mon combat: que ce qui est arrivé à mon fils ne se reproduise plus jamais!

Tous les jours, je recevais des dizaines et des dizaines de courriels d'encouragements. Chaque fois que c'était possible, je demandais aux parents de donner le plus d'amour possible à leurs enfants. Et ils me répondaient.

Un jour, j'ai reçu un message d'un internaute: "Grâce à Timéo, je profite aujourd'hui a deux cent pour cent de mes enfants! Merci à vous." J'en ai eut les larmes aux yeux! Un peu plus tard, j'ai décidé de faire circuler une pétition pour faire changer la loi. En quelques mois, j'ai reçu pas moins de cinquante milles signatures! Huit mois après l'accident , le 10 décembre, le procès a enfin eut lieu. Cela a été un moment très pénible, trèsdur. Il m'a fallu de nouveau affronter la vue de cet homme qui n'a jamais exprimé le moindre remords. Malgré la demande du juge,il n' a même pas daigner s'adresser à nous. Deux mois plus tard le verdict est tombé. Il a été condamné à douze mois de prison avec sursis, et son permis lui a été retiré. Mais ma plus grande fierté, c'est que le mois suivant, j'ai reçu un courrier de l'Elysée me signifiant que , dorénavant, les conducteurs responsables d'un homicide involontaire se verront automatiquement retirer leur permis de conduire, même sans fautes aggravantes! Bien sûr, cela ne me rendra pas mon fils ni le bonheur qui était le mien.

Peu à peu, le fossé s'est creusé entre Jean-Baptiste et moi, au point que nous avons fini par nous séparer. A 24 ans, je me sens vide. Je n'arrive plus à m'imaginer mère à nouveau ni avoir envie de reprendre mon métier d'assistante maternelle. Il me reste que ce lourd silence qui s'abat sur moi chaque matin quand j'ouvre les yeux, un silence sans fin, san la moindre voix d'enfant.....


Laetitia.

propos recueillis par Muriel Rivault.


pour lire le blog de Laetitia et la soutenir :timeotiange.skyrock.com

# Posté le lundi 30 juin 2008 09:56

Modifié le mardi 01 juillet 2008 03:17